Aux Pieds du Maître
I
La première des qualités est le discernement: par là, on entend,
en général, ce discernement entre le réel et l'irréel, qui conduit l'Homme vers
le Sentier. C'est bien cela, mais c’est beaucoup plus encore, et il faut le
pratiquer, non seulement au début du Sentier, mais à chaque pas que l'on y
fait, chaque jour et jusqu'au bout. Tu entres dans le Sentier parce que tu as
appris que là seulement peuvent être trouvées les choses qui sont dignes d’être
acquises.
Les hommes qui n 'ont pas la
Connaissance travaille pour gagner la richesse et le pouvoir; mais ces biens
ont, tout au plus, la durée d'une seule existence, et par là ils sont
illusoires. Il y a de plus grandes choses à gagner que celles-là -- des choses
qui sont réelles et durables -- quand une fois on les as vues on ne désire plus
les autres.
Dans le monde entier il n'y a que deux sortes de gens: ceux qui ont la Connaissance et ceux qui ne l'ont pas, et cette Connaissance seule importe.
La religion d'un homme, la race à laquelle il appartient, ce sont là des choses sans importance; ce qui importe réellement c'est cette Connaissance, la Connaissance du Plan de Dieu relatif aux Hommes. Car Dieu a un Plan, et ce Plan c’est l'Evolution. Sitôt que l'Homme a compris ce Plan, et qu'il le connait vraiment, il ne peut plus que collaborer a sa réalisation, et s'identifier avec lui, telle est sa gloire et sa beauté. Ainsi, parce qu'il a la Connaissance, il est du côté de Dieu, fermement voué au bien et resistant au mal, travaillant pour l'Evolution et non pour son propre intérêt.
Si cet
Homrne est du côté de Dieu, il est des nôtres et il importe peu qu'il se dise
hindou, bouddhiste, chrétien ou mahométan, ou qu'il soit Indien, Anglais,
Chinois ou Russe. Ceux qui sont avec Dieu savent pourquoi ils s'y trouvent, ils
savent ce qu'ils ont à faire, et ils essayent de l'accomplir. Tous les autres
ignorent encore ce qu'ils devraient faire; aussi agissent-ils souvent en
insensés et cherchent-ils, pour eux mêmes, des vojes qu'ils croient devoir leur
être agréables, ne comprenant pas que tous sont Un et que, par conséquent, seul
ce que désire l'Unique, peut vraiment être agréable à tous. Ils poursuivent
l’illusoire au lieu du réel et, tant qu'ils n'ont pas appris a distinguer ces
deux choses, ils ne sont pas du côté de Dieu. Et c'est ainsi que le
discernement est le premier pas à faire.
Cependant, même quand le choix est fait, il faut te souvenir qu'il y a bien des variétés dans le réel et dans l'illusoire et qu'il faut encore savoir distinguer le bien du mal, ce qui est important de ce qui ne l'est pas, ce qui est utile de ce qui est inutile, ce qui est vrai de ce qui est faux, ce qui est égoiste de ce qui est désintéressé.
Il ne devrait pas être difficile de choisir entre le bien et le mal, car ceux qui veulent suivre le Maître sont dejà décidés à se rallier au bien, à tout prix. Mais l'Homme et son corps sont deux, et la volonté de l’Homme n'est pas toujours d'accord avec les desirs du corps. Lorsque ton corps desire quelque chose, arrête-toi et réfléchis; est-ce réellement toi qui as ce désir? Car tu es Dieu et tu ne veux que ce que Dieu veut; mais ii faut que tu descendes au plus profond de toi-même pour trouver Dieu en toi et que tu écoutes Sa Voix qui est ta voix. Ne commets pas l'erreur de prendre tes corps pour toi-même..., ni ton corps physique, ni ton corps astral, ni ton corps mental. Chaqu'un d'eux prétend être le moi afin d'obtenir ce qu'il désire; mai;il faut que tu les connaisses tous et que tu te reconnaisses leur maître.
Quand
un travail doit être fait, le corps physique a envie de se reposer, de se
promener, de manger et de boire, et l'homme qui n’a pas la Connaissance se dit:
«J'ai envie de ces choses et il faut que je les fasse». Mais l'Homme qui sait
dit: «Ce n'est pas moi qui désire, c 'est mon corps et il faut qu'il attende». Souvent lorsqu'il se présente une
occasion d'aider quelqu'un, le corps dit: «Que d 'ennuis cela va me donner!
Qu’un autre le fasse à ma place». Mais l’Homme repond a son corps: «Tu ne
m'empêcheras pas de faire une bonne action». Ton corps est ton animal, le
cheval que tu montes. C'est pourquoi il faut le bien traiter et en prendre
grand soin; ii ne faut pas le surmener; il faut l'entretenir comme il convient,
de boissons et d'aliments purs et veiller à ce qu 'il soit toujours d'une
propreté scrupuleuse, sans tolérer Ia moindre souillure. Car sans un corps
parfaitement pur et sain tu ne pourras
entreprendre l'oeuvre ardue de la préparation, tu ne pourras supporter les
efforts répétés qu'elle nécessite. Ainsi il faut que ton corps Soit toujours à
tes ordres et non pas toi sous sa dépendance.
Ton
corps astral a ses désirs;-- il en a par douzaines. Il voudrait te voir en colère,
t’entendre dire des paroles dures, te savoir jaloux, cupide, enviant les biens
d'autrui, te voir céder au découragement. Il voudrait tout cela et bien plus
encore..., non parce qu’il désire te nuire, mais parce qu'il aime les
vibrations violentes et leur changement continuel. Mais Toi tu ne désires
aucune de ces choses; par conséquent tu dois distinguer Tes desirs et ceux de
ton corps astral.
Ton
corps mental se complait dans une orgueilleuse séparativité, il se fait une
haute idée de lui-même, et une opinion médiocre des autres. Même quand tu as
réussi à le détourner des choses de ce monde, il essaie encore de tout
rapporter au "moi", de fixer tes pensées sur ton progrès personnels,
au lieu de les diriger vers l'oeuvre du Maître et l'aide à donner aux autres.
Lorsque tu médites, il essaie de te faire penser aux differentes choses dont
lui a besoin, aux dépens de la seule chose dont Toi tu as besoin. Tu n'es pas
ce mental, mais il est tien afin que tu t 'en serves; donc ici encore le
discernement est nécessaire; il te faut veiller sans cesse, sinon tu échoueras.
Entre
le bien et le mal l'Occultisme n'admet pas de compromis. Il faut, à n 'importe
quel prix, faire ce qui est bien; tu ne dois pas faire ce qui est mal,
quoiqu'en dise ou en pense l'ignorant. Etudie profondément les Lois cachées de ta nature, et, quand tu les connaitras, organise
ta vie conformément à ces Lois, faisant
toujours usage de la raison et du bon sens.
It
faut discerner ce qui est important de ce qui ne l'est pas. Ferme comme te roc en tout ce
qui concerne te bien et le mal, cède constamment aux autres dans tes choses de
peu d'importance. Car tu dois toujours être aimable et bon, raisonnabte et
accomodant, laissant à autrui une tiberté égale à celle que tu réclames pour
toi. Cherche à découvrir ce qui vaut la peine d'être fait et souviens-toi qu'it
ne faut pas juger les choses d'après leur vateur apparente. Il vaut mieux faire
une petite chose, mais qui est immédiatement utile à l'oeuvre du Maître, qu'une
grande chose que le monde qualifie de bonne. Il ne suffit pas de distinguer ce
qui est utile de ce qui ne l'est pas, mais encore ce qui est plus utile de ce
qui l'est moins. Nourrir les pauvres est une action bonne, noble et utile;
cependant it est plus noble et plus utile encore de nourrir leurs âmes. Tout
homme riche peut nourrir le corps, mais celui-là seul qui a la connaissance
peut nourrir l'âme. Si tu possèdes la Connaissance, c’est ton devoir d'aider
les autres à l'acquérir.
Quelque sage que tu puisses être
déjà, tu auras beaucoup à apprendre dans le Sentier, tu auras même tant à
apprendre, qu 'ici encore, il te faudra user de discernement et choisir avec
soin ce qui vaut la peine d'être appris. Toute connaissance est utile, et un
jour tu posséderas toute Connaissance; mais tant que tu n'en possèdes qu'une
partie, veille à ce que ce soit ta plus utile. Dieu est Sagesse aussi bien
qu'Amour, et plus tu auras de sagesse, mieux il se manifestera par toi. Etudie
donc, mais étudie d'abord ce qui t'aidera le plus à aider les autres.
Applique-toi patiemment à tes études, non pas pour que les autres te crojent
sage, pas même en vue du bonheur d'être sage, mais seulement parce que l'Homme
sage peut aider avec sagesse. Pour grand que soit ton désir d'aider, si tu est
ignorant tu feras probablement plus de mal que de bien.
Il faut savoir distinguer le vrai du faux; il faut apprendre a être absolument vrai en pensée, en paroles, en action.
Premièrement
en pensée: et cela n'est pas facile, car il y a dans le monde bien
des pensées erronées, bien des supertitions absurdes, et quiconque se laisse
dominer par elles ne peut faire de progrès. C'est pourquoi il ne faut pas tenir
une idée pour juste seulement parce que beaucoup de gens la tiennent pour telle,
ni parce qu'elle a été jugée ainsi depuis des siècles, ni parce qu'elle se
trouve écrite dans un des livres que les hommes considèrent comme sacrés; il
faut faire appel a ton propre jugement, et voir par toi-même, si l'idée est raisonnable. Rappelle-toi
qu'alors même qu’un millier d'hommes seraient d'accord sur une question, s'ils
n'y connaissent rien leur opinion est sans valeur.
Celui
qui veut marcher dans le Sentier doit apprendre à penser par lui-même, car la
superstition est un des plus grands fléaux du monde, l'une des entraves dont il
faut entièrement se libérer.
Ce que
tu penses d'autrui doit être vrai. Tu ne dois pas penser des autres ce que tu
ne sais pas être vrai. Ne t’imagine pas que l'on pense toujours à toi. Si un
homme fait quelque chose que tu crois devoir te nuire, ou dit quelque chose qui
paraît te concerner, ne songe pas immédiatement: «Il a l'intention de
m'offenser». Très probablement, cet homme ne pense nullement à toi, car chaque
âme a ses propres soucis et n 'est preoccupée, la plupart du temps, que d’elle
même. Si quelqu'un te parle d'un ton irrité, ne te dis pas: «Cet homme me
déteste et veut me blesser». Selon toute probabilité, quelqu'un ou quelque
chose l'a irrité, et parce que c’est toi qu'il rencontre, c'est sur toi que se
deverse sa colère. Il agit en insensé, car toute colère est insensée, mais ii ne faut pas, à cause de cela, penser
de lui ce qui n'est pas vrai.
Quand
tu seras un élève du Maître, tu pourras voir si ta pensée est vraie en la comparant à la Sienne. Car l'élève ne
fait qu 'un avec son Maître et il lui suffit de ramener sa pensée vers celle du
Maître pour voir si elles sont d'accord. S'il n'en n 'est pas ainsi, la pensée
de l'élève est erronée et il la modifie immédiatement, car la pensée du Maître
est parfaite, puisqu'il sait tout. Ceux qui ne sont pas encore acceptés par Lui
ne peuvent agir tout à fait comme cela, mais ils seront grandement aidés en se
demandant souvent: Que penserait le Maître de ceci? Que dirait ou ferait le
Maître en telles circonstances? Car il ne faut jamais faire, dire ou penser ce
qu’à ton sens le Maître ne peut faire, dire ou penser.
Il
faut aussi être véridique dans
tes paroles, précis et sans exageration Ne
prête jamais d'intentions à un autre; son Maître seul connait ses pensées, et
il se peut qu'il agisse ainsi pour des raisons qui te sont complètement
étrangères Quand tu entends un récit
faisant tort a quelqu'un, ne le repète pas; ce récit est peut être inexact; et
alors même qu'il serait vrai, il est plus charitable de n'en pas parler.
Réfléchis bien avant de parler, de peur de manquer d' exactitude.
Sois
franc dans l'action; ne cherche jamais a paraître ce que tu n’es pas; car
toute feinte met obstacle à la pure lumière de la vérité qui doit traverser ton
âme, comme le rayon de soleil traverse une vitre transparente.
Il faut discerner ce qui est égoiste de ce qui ne l’est pas. Car l'égoisme a bien des formes, et quand tu crois l'avoir étouffé sous une de ses formes, il se réveille sous une autre, aussi fort que jamais. Mais peu a peu la pensée de venir en aide aux autres t' occupera à tel point qu'il n'y aura plus dans ton esprit ni la place, ni le temps de penser à toi-même.
Il faut encore user de discernement d’une autre manière. Apprends à discerner le Dieu qui est dans tous
les êtres et dans toutes les choses,
quelque mauvais qu’ils soient ou paraissent être. Tu peux toujours aider ton frère par ce que tu as de
commun avec lui, c’est à dire la Vie Divine. Apprends la manière d'éveiller cette Vie en lui; apprends comment faire
appel à cette Vie en lui: c 'est ainsi que tu le preserveras du mal.
II
Ils sont nombreux ceux pour qui le détachement est une vertu difficile à acquérir, car ils croient que leurs désirs constituent
leur être mêrne,-- que si leurs desirs particuliers, leurs sympathies et leurs
antipathies sont supprimeés, il ne reste plus rien d'eux-mêmes. Mais ceux-là
n'ont pas encore vu le Maître, car à la clarté de sa sainte Présence, tout
désir s'évanouit, hors le désir de Lui être semblable. Cependant, avant d'avoir
le bonheur de le voir face à face, tu pourras, si tu le veux, arriver au détachement. Le discernement a déjà montré
que les choses convoitées par la plupart des hommes, telle que la richesse et
le pouvoir, ne valent pas la peine d'être possédées; or, quand ceci est
réellement compris et non pas seulement exprimé, tout désir relatif pour ces
choses disparait.
Jusque-là tout est simple, il suffit de l'avoir compris Mais quelques-uns renoncent à pousuivre un
but terrestre pour gagner le ciel ou pour se libérer personnellement des
renaissances; il ne faut pas tomber dans cette faute.
Si tu as pleinement réalisé l'oubli de toi-même, tu ne peux songer à te
demander quand ton "moi" sera libéré, ni quelle sorte de ciel sera le
sien. Souviens-toi que tout désir égoiste —si élevé qu'en soit l’objet -- est
un lien, et qu'aussi longtemps que tu n’auras pas eliminé tout désir, tu ne
seras pas entièrement libre de te consacrer à l'oeuvre du Maître.
Quand tous les désirs se rapportant a ta personnalité seront morts, il pourra rester encore celui de voir le résultat de ton travail. Si tu aides quelqu'un, tu voudras voir jusqu’à tel point tu l'as aidé; peut être même voudras-tu qu 'il le voie, lui aussi, et qu'il t'en soit reconnaissant. Mais ceci encore est un desir... et en même temps un manque de confiance. Lorsque tu depenses ta force pour venir en aide, un résultat s'ensuit nécessairement, que tu puisses le voir ou non; tu connais la loi, tu sais qu'il doit en être ainsi. Donc il faut faire le bien pour l'amour du bien et non pas avec l'espoir de la recompense; il faut travailler pour l'amour du travail et non pas dans l'espoir d'en voir les résultats; il faut te donner au service du monde parce que tu l'aimes et que tu ne peux agir autrement.
Ne désire pas les pouvoirs psychiques; tu les auras quand le Maître jugera le moment venu.
Leur developpement forcé entraine souvent des ennuis de toutes sortes; le
possesseur de ces pouvoirs est fréquemment égaré par des trompeurs esprits de
la nature; ou bien il devient vaniteux et se croit infaillible; de toute
manière, le temps et la force qu'il depense à les acquerir auraient pu être
employés à travailler pour autrui. Ces pouvoirs lui viendront au cours du développement, --
il faut qu'ils lui viennent. Et si le Maître voit qu’il te serait utile de les
avoir plus tôt, Ii te dira comment les developper en toute securité. Jusque là
il vaut mieux que tu ne les possèdes pas.
Garde-toi aussi de quelques petites envies si fréquentes dans la vie
journalière. N'aie jamais le désir de briller ou de paraître instruit; n'aie
pas le désir de parler. Il est bon de parler peu, mieux encore de ne rien dire,
à moins d'être certain que ce que l'on dit est vrai, aimable et utile. Avant de
parler, demande-toi bien si ce que tu veux dire répond a ces trois qualités;
sinon tais-toi.
Il est
bon de prendre l'habitude, dès à présent, de réfléchir avec soin avant de
parler: car, lorsque tu auras atteint l'initiation, il te faudra surveiller
chacune de tes paroles, de peur d'être indiscret. N'use pas trop de la
conversation banale; elle est oiseuse et frivole; quand elle tombe dans la
médisance, elle devient méchante. Donc habitue-toi a écouter plutot qu'à
parler; ne donne pas ton opinion si on
ne te la demande pas expressément. Un énoncé des qualités requises les présente
ainsi: savoir, oser, vouloir, se taire; et la dernière de ces qualités est la
plus difficile.
Un
autre desir courant qu'il faut sévèrement réprimer est celui de se mêler des
affaires d'autrui. Ce qu 'un autre peut faire, dire ou croire, ne te regarde
pas, et il faut apprendre à le laisser agir entièrement à sa guise. Il a plein
droit à la liberté de penser, de parole ou d'action, aussi longtemps qu'il
n'intervient pas dans les affaires d'autrui; toi-même, tu réclames la liberté
de faire ce que tu crois bon; il faut que tu lui accordes la même liberté, et
s’il en use, tu n’as aucun droit de le critiquer.
Si tu
penses qu'il agit mal, et que tu trouves l'occasion de lui dire, en particulier
et très poliment, pourquoi, tu le convaincras peut être, mais il y a bien des
cas où même une telle intervention serait deplacée. En aucune facon il ne faut
en bavarder avec une tierce personne, car ce serait une très mauvaise action.
Si tu
vois commettre un acte de cruauté envers un enfant ou un animal, il est de ton
devoir de t 'y opposer. Si tu vois quelqu'un contrevenir aux lois du pays, tu
dois en informer les autorités. Si tu es chargé de l'instruction d 'une
personne, ton devoir pourra consister à l'avertir doucement de ses fautes. Sauf
en de tels cas, occupe-toi de tes propres affaires et apprends à pratiquer la
vertu du silence.
III
Les six points, spécialement exigés, relatifs à la conduite, sont donnés par le Maître:
1- La maîtrise de
soi quant au mental;
2- La maîtrise de
soi dans l’action;
3- La tolérance;
4- Le contentement;
5- L'unité de
direction vers le but (one-pointedness);
6- La confiance.
1- La
maîtrise de soi quant au mental:
La qualité requise du détachement montre que le corps astral doit être dominé: ce premier point en exige autant pour le corps mental. Il signifie: maîtriser le caractère de manière à ne pouvoir ressentir ni colère ni impatience; maîtriser le mental lui-même de telle sorte que la pensée soit toujours calme et sereine; et, par le mental, maîtriser les nerfs pour qu'ils soient le moins irritables possible. Ce dernier point est difficile à atteindre; car pendant que tu essayes de te préparer pour le Sentier, tu ne peux empêcher ton corps de devenir plus sensitif, en sorte que tes nerfs sont facilement ébranlés par un son ou par un choc et qu'ils ressentent d'une manière aiguë la plus légère atteinte. Mais il faut faire te ton mieux.
Le mental paisible implique aussi le courage qui permet d'affronter sans crainte les épreuves
et les difficultés du Sentier, la fermeté qui fait supporter facilement les
ennuis de chaque jour et éviter les continuels soucis au sujet des petites
choses qui absorbent la plus grande partie du temps de beaucoup de gens. Le
Maître enseigne que l'Homme doit considérer comme n'ayant aucune importance ce
qui lui vient de l'extérieur: tristesse, difficultés, maladies, pertes; il faut
envisager toutes ces choses comme n 'étant rien, et ne pas leur permettre
d'affecter le calme du mental. Elles sont le resultat d'actions antérleures et
doivent être supportées joyeusenent quand elles surviennent, car il faut te
souveneir que tout est transitoire et que tu as la devoir de toujours rester
joyeux et serein. Ces choses appartiennent à tes vies passées, non point à
celle-ci; tu n'y peux rien changer, il est donc inutile de t'en préoccuper.
Songe plutôt aux actes du présent qui préparent les évenements de ta vie
prochaine, car ceux-là, tu peux les changer.
Ne te laisse jamais aller à la tristesse, ni au découragement. Le découragement est mauvais parce qu'il contamine les
autres et leur rend la vie plus difficile, ce que tu n'as pas le droit de
faire. Il faut donc le repousser loin de toi chaque fois que tu le sens venir.
Il faut dominer ta pensée d'une autre façon encore: ne lui permets pas d'être
flottante. Quelque chose que tu fasses
il faut y fixer ton esprit pour la faire en perfection. Que ton mental
ne reste pas oisif; aie toujours en réserve de bonnes pensées, prêtes à s'avancer
au moment où il est inoccupé. Emploie journellement ton énergie mentale à de
bon desseins; sois une force orientée vers l'Evolution. Pense chaque jour à une
personne que tu sais en proie au chagrin, ou à la souffrance, ou ayant besoin
d'aide et repands sur elle des pensées d'amour.
Garde ta pensée de l'orgueil, car
l'orgueil vient toujours de l'ignorance. L'homme qui n 'a pas la Connaissance
s’imagine qu'il est grand, qu'il est l'auteur de telle grande action; l'homme
sage sait que Dieu seul est grand et que toute bonne oeuvre est l’oeuvre de Dieu seul.
2- La maîtrise de
soi dans l’action:
Quand ta pensée sera ce qu'elle doit être, tu agiras sans difficulté. Mais souviens-toi que pour rendre service à l'humanité la pensée doit se traduire en acte. Point de paresse, mais une activité constante dans le travail utile Fais ce qui est ton devoir propre et non celui d’un autre, Si ce n 'est avec la permission de celui-ci et dans l'intention de l'aider. Laisse tout homme accomplir son oeuvre à sa façon; sois toujours prêt à venir en aide, s'il le faut, mais ne t 'ingère jamais dans les affaires d 'autrui. Pour bien des gens, la chose la plus difficile au monde est d'apprendre à s’occuper de leurs propres affaires, or c'est précisement là que tu dois faire.
Parce
que tu essaies d'entreprendre un travail d'ordre supérieur, il ne faut pas, pour cela, négliger tes
devoirs courants, car tant que ceux-ci ne sont pas remplis tu n'es pas libre pour
un autre service. N'assume pas de nouveaux
devoirs envers le monde, mais ceux dont tu t'es chargé accomplis-les
parfaitement: je veux parler des devoirs définis et raisonnables que tu
reconnais toi-mêrne cornme tels, et non pas des devoirs imaginaires que
d'autres essaient de t'imposer. Pour pouvoir, un jour, appartenir au Maître, il
faut faire le travail courant mieux que ne le font les autres et non plus mal;
parce que cela aussi doit être fait au nom du Maître.
3- La tolérance:
Aie
des sentiments de parfaite tolérance pour tous les hommes et porte un intérêt
aussi sincère aux croyances religieuses des autres qu'aux tiennes.Car leur
religion aussi bien que la tienne, est
un Sentier qui mène au Suprême. Et pour venir en aide à tous il faut comprendre
tout.
Mais
pour atteindre une parfaite tolérance il faut d'abord t'affranchir tant de la
bigoterie que de la superstition. Il faut apprendre qu'il n'y a pas de ceremonies indispensables; sinon tu te croirais meilleur, en quelque sorte, que
ceux qui ne les pratiquent pas. Il ne faut cependant pas condamner ceux qui s'attachent encore aux cérémonies. Qu'ils fassent ce qu'ils veulent; seulement qu'eux
aussi te laissent libre, toi qui sait la verité: il ne faut pas qu'ils
cherchent à te ramener de force à ce point que tu as dépassé. Sois indulgent et
bienveillant en toutes choses.
Maintenant que tes yeux sont ouverts, quelques-unes de tes anciennes croyances, de tes anciennes cérémonies peuvent te sembler absurdes; peut-être le sont-elles en effet. Néanmoins, quoique tu ne puisse plus y participer, respecte les pour l'amour de ces bonnes âmes qui y attachent encore tant d'importance. Ces cérémonies ont leur place, leur utilité; elles sont comme ces doubles traits qui t'aidaient, enfant, à écrire en lignes droites également espacées, jusqu’au moment où tu as appris a écrire bien mieux et plus facilement sans leur secours. Il y eut un temps où tu en avais besoin, mais à présent ce temps est passé.
Un
grand Instructeur écrivit un jour: "Quand j'étais un enfant, je parlais
comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant;
mais quand je suis devenu un homme, j’ai laissé les façons de l'enfant".
Toutefois celui qui a oublié son enfance et perdu toute sympathie pour les
enfants ne pourra les instruire et les aider. Regarde donc tous les hommes avec
bonté, douceur et tolérance, mais regarde-les tous de même, qu'ils soient
Bouddhistes ou Hindous, Djainistes ou Juifs, Chrétiens ou Mahométans.
4- Le Contentement:
Il faut
supporter joyeusement ton karma quel qu'il soit, et accepter la souffrance comme un honneur, parce qu'elle prouve que les Seigneurs du Karma te
trouvent digne d'aider. Si dur qu'il puisse être, sois reconnaissant de ce
qu'il ne l'est pas davantage. Souviens-toi que tu es de peu d'utilité au Maître
tant ton mauvais karma n'est pas épuisé et que tu n 'es pas libéré. En t'offant
à Lui, tu as demandé que ton karma soit précipité, de sorte que tu epuises en
une ou deux vies ce qui, autrement, en aurait demandé une centaine. Mais pour
en tirer le meilleur parti, il faut le supporter avec joie et contentement.
Un
autre point encore: il faut renoncer
à tout sentiment de possession. Il se peut
que Karma t'enlève les choses auxquelles tu tiens le plus..., peut être même
les personnes que tu aimes le mieux: même alors tu dois être prêt à te séparer
avec joie de n’importe quoi et de n'importe qui. Souvent le Maître a besoin de
transmettre sa force à d'autres par l'intermédiaire de son serviteur; il ne le
peut faire si le serviteur cède au découragement. Ainsi le contentement est de
règle.
5- Unité
de direction vers le but:
La seule chose que tu dois avoir en vue, C'est de faire
l'oeuvre du Maître; quelque autre tâche qui puisse se présenter à tol, celle-là
du moins, ne doit jamais être oubliée. En realité, rien d'autre ne saurait se
présenter, car toute oeuvre utile et désintéressée est l’oeuvre du Maître, et
tu dois la faire pour Lui.
Il faut porter toute ton attention sur chaque partie de
ton travail afin de le faire de ton mieux. Le même Instructeur a écrit aussi:
"Quoi que vous fassiez, faites-le de bon coeur, comme pour le Seigneur et
non pour les hommes". Demande toi comment tu ferais un travail, si tu
savais que le Maître allait venir le voir: c’est avec cette pensée qu’il faut
faire tout ton travail. Les plus sages comprendront le rnieux toute la
signification de ce verset. En voici un autre semblable, mais bien plus ancien:
«Quoi que ta main fasse, fais-le de tout ton pouvoir».
L'unité de direction vers le but, cela veut dire aussi
que rien ne doit jamais te détourner, ne fût-ce que pour un instant, du Sentier
où tu es entré. Ni les tentations, ni les plaisirs du monde, ni même les
affections terrestres ne doivent t'égarer. Car il faut que tu ne fasse qu'Un
avec le Sentier; il faut qu'il soit à
ce point, ta propre nature, que tu y marches sans avoir besoin d'y penser. Toi,
la Monade, tu en as décidé ainsi: te séparer du Sentier serait te séparer de
toi-même.
6- La
Confiance:
Il faut que tu aies confiance en ton Maître; il faut que
tu aies confiance en toi-même. Si tu as vu le Maître, tu auras en Lui une
confiance absolue, au cours de bien des vies et de bien des morts. Si tu ne
l'as pas encore vu, tu dois néanmoins essayer de t'en faire une idée et d'avoir
confiance en Lui, sans quoi Dieu lui-même ne pourrait t'aider. Sans confiance
parfaite, il ne peut y avoir parfaite effusion d 'amour et de force.
Il faut avoir confiance en toi.
Tu dis que tu te connais trop bien pour cela? Si c’est là ton sentiment, tu ne
te connais pas; tu connais seulernent ton enveloppe extérieure qui souvent a
été souillée de boue. Mais
toi -- le toi réel -- tu es une étincelle de la Flamme Divine, et Dieu qui est
tout puissant, habite en toi; et pour
cette raison, il n’y a rien que tu ne puisse faire, Si tu en as la volonté.
Dis-toi: «Ce que l'homme a fait, l'hornme peut le faire. Je suis un homme, mais
je suis aussi le Dieu qui est dans l'homme; je puis faire telle chose et je
veux la faire». Car ta volonté doit être comme de l'acier trempé si tu veux
entrer dans le Sentier.
IV
De
toutes les Qualités requises l'Arnour est une des plus importantes, car lorsqu'il est assez
fort dans le coeur de l'homme, il le force à acquérir toutes les autres; et
celles-ci sans l'Amour ne sauraient suffire. On l'a souvent interprété comme un
désir intense d'être libéré du cycle des renaissances et des morts et
d'atteindre à l'union avec Dieu. Mais le traduire ainsi c'est y faire entrer
l'égoisme et n’en exprimer qu’une partie. C'est moins un désir que la volonté,
la résolution. Pour être efficace cette resolution doit pénétrer ta nature
entière, jusqu'à n’y laisser place à aucun autre sentiment. C'est à vrai dire
la volonté d'être Un avec Dieu, non pour échapper à la lassitude et à la
souffrance, mais afin de pouvoir agir avec Lui et comme Lui, à cause de ton
profond amour pour Lui. Parce que Dieu est Amour, toi qui veux devenir Un avec
Lui, il faut que tu sois plein de parfait désintéressement et d'amour.
Dans
la vie quotidienne la signification de cette qualité est double; premièrement
il faut éviter avec soin de faire du mal à tout être vivant; il faut
secondement épier toutes les occasions de venir en aide.
En premier lieu, ne pas faire souffrir. Il y a trois péchés qui font plus de mal que n'importe quoi dans le monde: la médisance, la cruauté et la superstition, parce que ce sont des péchés contre l'amour. L'homme qui désire remplir son coeur d'amour pour Dieu doit constamment se garder de ces trois péchés.
Vois
ce que fait le bavardage médisant. Il commence par de mauvaises pensées, ce qui est déjà
un crime; car il y a du bon en chacun et en toute chose; en chacun et en toute
chose il y a du mal. Nous pouvons renforcer l'un ou l'autre en y pensant, et
ainsi accélérrer ou retarder l'évolution. Nous pouvons obéir au Logos ou lui
résister. Si tu penses au mal qui se trouve dans un autre, tu fais trois
mauvaises actions en même temps:
1- Tu peuples ton ambiance de mauvaises pensées et non de bonnes, donc
tu ajoutes à la souffrance du monde.
2- Si le mal que tu penses d'un homme se trouve
en lui, tu entretiens ce mal et tu le renforces, et ainsi tu rends ton frère
pire au lieu de le rendre meilleur. Mais, en général, le mal ne se trouve pas
en lui et tu l'as seulement imaginé; dans ce cas, ta pensée mauvaise incline
ton frère au mal, car s'il n' est pas encore parfait, tu peux le rendre tel que
tu l'es figuré.
3- Tu peuples ton mental de mauvaises pensées et non de bonnes, et ainsi tu retardes ton progrès et offres, aux yeux de ceux qui peuvent le voir, un spectacle laid et pénible, et non attrayant et beau.
Non
content d'avoir fait tout ce mal à lui-même et à sa victime, le médisant
essaje, de toutes ses forces, de faire participer d'autres personnes à son
crime. Il s'empresse de leur communiquer sa méchante histoire, dans l'espoir
qu'elles y croiront; et ensuite ils s'unissent tous pour répandre un flot de
pensées mauvaises sur la pauvre victime. Et cela se fait, jour après jour, non
seulement par un seul, mais par des milliers de gens.
Commences-tu à voir combien ce péché
est vil et affreux? Il ne faut absolument pas y succomber. Ne dis jamais de mal
de personne; refuse d'écouter le mal qu’on dit d‘un autre et fais doucement
cette observation: «Cela n'est peut être pas vrai, et, même si c'est vrai, il est plus charitable
de n’en pas parler».
Quant à la cruauté, elle peut
être de deux sortes: voulue ou involontaire.
La cruauté voulue consiste à
faire souffrir, de propos délibéré, un autre être vivant; ceci est le plus
grand de tous les péchés, l'oeuvre d’un demon plutôt que celle d’un homme. Tu
diras peut-être qu’un homme ne peut agir ainsi: mais les hommes l'ont fait bien
souvent et le font journellement encore. Les inquisiteurs l'ont fait; bien des
gens religieux l'ont fait au nom de leur religion; les vivisecteurs le font;
quantité de maître d'école le font habituellement. Tous essayent d'excuser leur
brutalié en disant que c'est l'usage; mais un crime ne cesse pas d'être un
crime parce qu'il est commis par beaucoup de gens. Karma ne tient aucun compte
de l'usage; et le karma créé par la cruauté est le plus terrible de tous. Dans
l'Inde du moins, il ne peut avoir déexcuse pour de telles coutumes, car le
devoir de ne pas faire souffrir est bien connu de tous. Le sort réservé au
cruel frappera aussi tous ceux qui, sous prétexe de sport, se plaisent à tuer
des créatures de Dieu.
Tu n'agiras pas ainsi, je le sais, et, par amour de Dieu, tu protesteras
ouvertement quand l'occasion s’en présentera. Mais il peut y avoir de la
cruauté dans la parole comme dans l'acte, et l’homme qui prononce un mot dans
une intention blessante est également coupable de ce crime. Cela non plus tu ne
le feras pas; mais parfois une parole irréfléchie fait autant de mal qu 'une
parole méchante. Il faut donc te garder de la cruauté involontaire.
Cette
cruauté provient généralement d'un manque de reflexion. Un homme cupide et
avare ne pense jamais aux souffrances qu'il cause à d'autres en les payant trop
peu ou a sa femme et à ses enfants, en
les affamants à demi. Un autre ne songe qu’à son propre plaisir et, pour le
satisfaire, se soucie peu des âmes et des corps qu'il ruine. Un autre encore,
pour s'éviter quelques minutes d'ennui, ne paye pas ses ouvriers au jour voulu,
sans tenir compte des difficultés qu'il leur suscite par là. Il y a tant de
souffrances dues précisement à l’insouciance, à l'oubli des consequences qu’une
action peut avoir pour les autres! Mais Karma n’oublie jamais, et il lui
importe peu que les hommes oublient. Si tu veux entrer dans le Sentier, il faut
que tu songes aux conséquences de tes actes, de peur de te rendre coupable de
cruauté irréfléchie.
La superstition est un autre grand mal et elle
a causé d'effroyables cruautés. L'homme qui en est l'esclave dédaigne ceux qui
sont plus sages, et s'efforce de les entraîner à faire comme lui. Pense aux
affreux massacres causés par la superstition qui demande le sacrifice
d'animaux, et par celle, plus cruelle encore, qui fait croire à l'homrne qu'il
a besoin de se nourrir de chair. Pense aux souffrances que la superstition a
imposées aux classes opprimées de notre Inde bien aimée, et vois combien ce mal
peut créer de froide cruaté même parmi ceux qui connaissent leur devoir de
fraternité. Beaucoup de crimes ont été commis au nom du Dieu d'amour, inspirés
par ce cauchemar de la superstition. Veille donc avec soin à ce qu'il n en
reste pas la moindre trace en toi.
Ces
trois crimes, il faut les fuir, car ils arrêtent fatalement tout progrès, étant
des péchés contre l'Amour. Il faut non seulement t'abstenir du mal, mais aussi
travailler activement au bien. Tu dois être à tel point rempli du désir intense
de servir, que tu ne manques jamais de venir en aide à tous ceux qui
t’entourent, non seulement aux hommes, mais encore aux animaux et aux plantes.
Il faut rendre service dans les petites circonstances, chaque jour, pour en
prendre l'habitude, afin de ne pas laisser échapper l'occasion de rendre
service dans une grande circonstance. Car si tu as soif d'union avec Dieu, ce
n'est point pour toi même, mais afin
de devenir un canal par où Son
Amour puisse arriver jusqu’à tes frères.
Celui
qui est sur le Sentier n'existe point pour lui même, mais uniquement pour les
autres; il s'est oublié afin de pouvoir les servir. Il est une plume dans la main de Dieu, par laquelle la
Pensée Divine pourra s'épancher et trouver ici-bas une expression qu'elle ne saurait obtenir sans cet
intermédIaire. Cependant il est, en même
temps, aussi, une vivante gerbe de
feu, irradiant sur le monde l'Amour Divin qui remplit son coeur.
La Sagesse qui rend capable d'aider, la Volonté qui dirige la sagesse, l'Amour qui inspire la volonté, voilà les qualités que tu dois acqueérir. Volonté,
Sagesse et Amour sont les trois aspects du Logos, et vous qui voulez être
enrolés à Son service, votre devoir est de manifester ces aspect dans le monde.
Le Maître
Message reçu par Khrisnamurti en 1910